Le concept de Dieu ou ma quête du divin

Ma quête spirituelle n’a jamais été dans le sens de prouver l’existence ou la non-existence de Dieu, car cette question déjà tellement discutée me paraît futile et stérile puisqu’il ne sera jamais possible à personne de démontrer quoi que ce soit, même en s’appuyant sur les nombreuses croyances établies. Celles et ceux que la question intéresse trouveront des centaines d’ouvrages affirmant prouver pour certains que Dieu existe et pour d’autres que Dieu n’existe pas. Il faut être vigilant, car l’art de l’argumentation habilement manié peu devenir un puissant outil de manipulation.

Non, mon questionnement est toujours allé dans le sens de rencontrer ce qui m’habite, ce qu’il y a de plus haut en moi, de toucher la source de cet amour qui emplit ma vie. Ceci m’a amené tout d’abord à délaisser la religion catholique telle qu’elle m’avait été enseignée, puisque je la trouvais triste et pitoyable dans sa manière de réduire l’être humain à si peu de chose. Intimement convaincu qu’une intelligence (pour l’appeler ainsi) est à l’origine de toute forme de vie et que l’infiniment petit rejoint l’infiniment grand, j’ai d’abord cherché à rapprocher cette conviction profonde de ce que les religions ont nommé « Dieu ». Ainsi a débuté ma quête…

Ni darwinisme, ni créationnisme

Le darwinisme est un processus d’évolution qui ne m’a jamais parlé car je le trouve réducteur et contradictoire. Il réduit l’être humain au fruit d’une évolution hasardeuse et chaotique des espèces qui a force d’adaptation se serait retrouvé doué d’une conscience ainsi que de la capacité à éprouver des sentiments. Contradictoire, car dans un sens le darwinisme reconnaît une forme d’intelligence dans ce processus d’évolution, mais s’obstine à l’attribuer au hasard de la génétique.

Le créationnisme en tant que doctrine fondamentaliste basée sur des textes religieux me parle encore moins. Il affirme que le monde aurait été créé en six jours il y a de cela près de six-mille ans, théorie parfaitement absurde aujourd’hui puisque le monde scientifique est à même de démontrer que l’univers est bien plus ancien que cela. Les théories créationnistes nourrissent ainsi une polémique sans fin entre scientifiques et théologiens.

Aujourd’hui, lorsqu’un logiciel ou un ordinateur évolue, on ne prétend bien évidemment pas qu’il s’agisse d’une forme naturelle d’innovation. On reconnaît pleinement l’intelligence (en l’occurrence humaine) qui est à la clé de ce progrès, même si l’on ne connaît pas personnellement celles et ceux qui y ont contribué. Dans ce sens l’enveloppe humaine est à mes yeux un merveilleux véhicule adaptatif, capable d’héberger notre conscience le temps d’une vie terrestre. Ce véhicule complexe qui suit un processus évolutif n’ayant rien de hasardeux ou d’empirique est guidé par une forme d’intelligence que l’on ne peut nier. Il ne s’agit pas là d’une croyance, mais d’un simple état de fait.

Dieu tout puissant

Dieu, tel que nous l’enseignent les religions, m’apparaît comme une sorte de monarque divin tout puissant qui se serait lamentablement raté en créant l’homme à son image et qui, suite à son incompétence inavouée, tenterait de le repêcher du péché en lui faisant payer ses propres erreurs, le menaçant de représailles… Si un tel Dieu revanchard a pu créer l’homme, alors il en ressort totalement indigne de sa création.

Mais on comprend rapidement que tous les dieux de l’humanité ne sont que des projections extérieures de ce que l’homme est incapable de trouver au plus profond de lui. Afin de se rassurer, l’être humain a toujours eu besoin de se structurer et de s’organiser en hiérarchies. Et en matière de spiritualité, il a reproduit ce même schéma consistant à confier sa propre spiritualité à un chef suprême et inaccessible. Ainsi sont nés les dieux que nous connaissons aujourd’hui et le pouvoir politique s’en est très vite emparé à des fins dominatrices et guerrières.

Une fois le divin séparé de l’homme, ce dernier est réduit à la misère, il ne peut qu’être à la merci des caprices de cette création humaine, dans la soumission. Il n’est donc plus rien sans ce Dieu tout puissant, capable à lui seul de lui offrir l’éternité sous réserve de bonne conduite et de soumission totale à ses représentants terrestres autoproclamés. Alors le système se verrouille à double tour sur l’être humain, prêt à tout pour se soumettre à lui. Ainsi naît le pauvre pécheur.

Prison et religion : deux synonymes

En visitant de nombreux prisonniers, je me suis rendu compte à quel point le milieu carcéral pouvait être pour certains très rassurant, voir sécurisant et à quel point la perspective de libération s’accompagnait souvent de beaucoup d’anxiété. Il n’est pas facile de quitter une structure qui vous prend totalement en charge pour repartir vers l’inconnu, vers le monde libre. La liberté implique d’assumer ses propres responsabilités. Le concept religieux de Dieu ne fait qu’enfermer de manière très similaire à une prison, avec tous les avantages que cela comporte.

L’être humain n’est pas une victime de ce jeu de pouvoir, il en tire également profit, puisque c’est pour lui l’occasion rêvée de remettre toutes ses responsabilités à l’extérieur. Dans un sens il est très facile de se confier totalement à Dieu. Plus de soucis ou de questionnement, juste un protocole à respecter, sans nécessité de grande conviction, avec la promesse écrite d’une issue confortable en cas de respect de l’autorité carcéro-religieuse.

Le Vatican à la conquête de l’espace

Pour la petite histoire, j’ai lu récemment que José Gabriel Funes, jésuite et astronome en chef du Vatican avait déclaré reconnaître la potentialité d’autres planètes habitées par des créatures extraterrestres, celles-ci étant bien évidemment l’oeuvre de Dieu : « De même qu’il existe une multiplicité de créatures sur terre, il pourrait y avoir d’autres êtres, également intelligents, créés par Dieu ». Le fait de s’approprier ainsi d’hypothétiques formes de vies peuplant l’univers, afin d’en revendiquer la paternité divine, dénote clairement la tendance pathologique de la religion à vouloir imposer sa suprématie.

Je trouve ce genre d’argument à la fois très drôle et révélateur. Il y a mille ans, cette même religion engageait des guerres de croisades pour étendre géographiquement son pouvoir sur la planète et aujourd’hui elle se réserve par avance l’éventualité d’une vie extraterrestre, lui infligeant sa doctrine. Finalement, rien n’a vraiment changé dans l’arrogance et le besoin de conquérir, si ce n’est la méthode utilisée.

La croyance ne peut que mener au doute

Combien de personnes seraient aujourd’hui totalement déstabilisées si elles apprenaient que leur Dieu n’existe pas ? Comment supporter une vie de frustrations, de sacrifices si le vieux bougon, propriétaire du paradis, n’était pas au rendez-vous ? La peur et le doute sont là, bien présents auprès des adeptes, poussant ainsi de nombreux mouvements religieux aux pires crimes, afin de se rassurer, de se conforter dans leurs croyances nourries d’extrémisme. Toute personne pensant ou ressentant différemment est dangereuse, puisqu’elle éveille ce doute fondamental qui est à la base de toutes les croyances : « Et si je me trompais ? ». Combien d’êtres humains ont tué ou donné leur vie en échange de la promesse d’accéder directement au royaume de Dieu ? Leur fanatisme n’a été qu’une vaine tentative destinée à masquer leurs doutes en une vie après la mort et à réduire à néant ceux qui auraient pu détenir une vérité pouvant remettre la leur en question.

Lorsque vous êtes totalement convaincu de quelque chose, vous ne ressentez jamais le besoin de le défendre ou d’en convaincre qui que ce soit. Personne ne va pouvoir vous contrarier ou vous déstabiliser s’il vous affirme catégoriquement que votre coeur se situe dans votre pied droit. Vous allez sans doute sourire sans même ressentir le besoin d’en rajouter, puisque vous savez que celui-ci se loge dans votre cage thoracique. Personne n’ira jusqu’au crime pour défendre une réalité anatomique. Seuls le doute et la peur qui en découle peuvent mener l’être humain à imposer ainsi sa vision de Dieu, pour se rassurer lui-même. La croyance implique obligatoirement le doute. La personne de foi n’aura jamais recours à la force ou la violence car elle n’a rien à prouver, elle « sait » tout simplement, profondément ancrée dans ce qui est pour elle une évidence.

Le culte de la peur

Les religions ont toujours imposé leur(s) Dieu(x) dans la peur, créant la confusion entre foi et croyances. Comment mieux contrôler l’être humain que par la peur ? Les guerres ont été menées sous la peur. Ainsi les religions ont détruit la foi véritable et les valeurs profondes de l’être humain pour les substituer par leurs croyances toutes faites, commettant ainsi les pires dégâts sans doute jamais causés dans l’histoire de l’humanité. La foi à été assassinée, stérilisée et mise en conserves. Pour sûr, celles-ci ont aujourd’hui passé depuis longtemps la date de péremption, mais nombreux sont ceux qui les consomment encore sans se questionner, de peur d’avoir à reconsidérer cette triste pitance.

Les religions sont comme les médicaments : beaucoup de personnes en avalent depuis de nombreuses années et sont convaincues qu’il leur est impossible de s’en passer. Elles ne savent même plus pourquoi, mais c’est indispensable, c’est une question de vie ou de mort. En fait, ces médicaments les rassurent tout simplement : « Je confie ma santé à mes médicaments et je n’ai plus de question à me poser ». C’est sans doute bien plus facile que de remettre en question son mode de vie. Ainsi fonctionnent les religions : « On avale tout depuis des millénaires et il n’y a pas de raison de changer aujourd’hui ». La remise en question fait peur et nous confronte à nos responsabilités d’être humain.

Pourquoi toujours à l’extérieur ?

En matière de vérité ou de morale, avez-vous déjà remarqué que lorsque l’être humain recherche quelque chose, il ne lui vient que rarement à l’idée de le chercher à l’intérieur ? Cela démontre à quel point nous sommes conditionnés et déresponsabilisés par le concept de Dieu. Les religions nous ont amputé de notre propre divinité afin d’imposer leur doctrine manipulatoire. Le divin représente pour moi cette intelligence suprême habitant toute forme de vie dans l’univers. Dieu n’est donc pas une entité distincte, il n’est pas dissocié de nous, mais bien à l’intérieur de chaque particule composant l’univers, et par conséquent dans tout ce que les religions nous ont appris à refouler.

Il n’existe aucune scission entre l’humain et le divin. Tous deux sont intimement liés pour ne faire qu’un, un seul et même orchestre. Et sa musique est la seule religion que je puisse considérer comme authentique. Elle n’est pas régie par des dogmes, n’implique aucune croyance et n’oblige à vénérer ou adorer aucune mascotte. C’est une musique silencieuse, harmonieuse, qui nous emplit de paix et de gratitude, nous reconnectant de l’intérieur à notre essence divine.

Se reconnecter au divin par la voie du coeur

Aucun être n’est coupé de son essence divine puisque celle-ci fait partie intégrante de toute forme de vie. Pour se reconnecter au divin, il faut commencer par se reconnaître, par se respecter, par apprendre à s’aimer soi-même, non pas en tant qu’être physique séparé, mais en tant que maillon conscient de la toile constituant l’univers. Aucun mode d’emploi n’est en mesure de nous connecter au divin, pour la simple et bonne raison qu’il n’existe pas un chemin, mais autant de chemins qu’il existe d’êtres humains sur terre. Leur seule caractéristique commune est qu’ils passent tous par le coeur. Mais les religions nous ont-elles seulement enseigné l’importance d’écouter notre coeur ?

Un chemin à la rencontre de soi

L’être humain est amnésique et il se recherche à l’extérieur de lui-même. Pour rencontrer le divin, il n’y a rien à faire, rien à apprendre ou à comprendre. La théologie n’est qu’un obstacle supplémentaire à cette rencontre. Lorsqu’un sac est trop encombré pour y trouver ce que l’on cherche, on commence par le vider complètement. Le premier pas, et pas le moindre, consiste donc à faire table rase de toutes nos croyances, et c’est là le travail le plus considérable. Il n’y a donc rien à faire, il n’y a pas à adhérer à quoi que ce soit de nouveau, ou encore moins à remplacer ses anciennes croyances par des nouvelles, mais seulement à faire le grand vide en soi, afin de se libérer de ses endoctrinements et conditionnements ancestraux. Alors de ce vide peut émerger l’infiniment grand, présent en chacun de nous.

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3 réponses à Le concept de Dieu ou ma quête du divin

  1. cathare11 dit :

    Bonjour, André… je trouve ta réflexion sur le concept de Dieu très intéressante ( bien qu’elle t’aurait condamné au bûcher il y a tout juste 400 ans !!! )…
    Mais plus sérieusement, ce concept, qui préoccupe l’humanité depuis des temps immémoriaux, n’est toujours pas tranché aujourd’hui. Et les religions ( toutes les religions, sans exception ) ne sont que la mise en oeuvre par les plus forts, les plus « malins », les « élites », bref les « politiques » au sens large du terme, d’un cadre institutionnel, sociétal, judiciaire, etc… visant à « domestiquer » et asservir les foules, dans l’intérêt bien compris de la petite caste des dominateurs, en les maintenant dans l’obéissance aveugle par des dogmes, des croyances et des rituels dont on voit aujourd’hui, avec le recul, les résultats catastrophiques ( pauvreté, famines, guerres, massacres…)…
    Mais le cadre religieux de chaque société et en particulier de la nôtre, dans laquelle nous sommes immergés, bon gré, mal gré depuis notre naissance, laisse des traces et il n’est guère aisé de s’en extraire entièrement…
    Par ailleurs, le plus grand nombre mélange foi, croyances, spiritualité, rituels et « voit » Dieu comme on leur a appris, c’est-à-dire, à l’extérieur, quand ce n’est pas au coin d’un nuage et, ce Dieu-là, protège (si on lui obéit ) et punit (si on lui désobéit).
    Voilà, brièvement résumé, l’état de l’humanité « croyante » dans l’Occident sous influence « chrétienne », essentiellement l’Europe et l’Amérique.
    Personnellement, j’ai, depuis des années, évolué de la religion « classique » vers la spiritualité, mais le chemin fut long, comme furent longs les questionnements, les interrogations et nombreux les doutes et les atermoiements… tout ne s’efface pas d’un simple trait de gomme !!!
    Quant au darwinisme, pour moi, il a représenté un progrès au 19ème siècle, car il a ouvert une « brèche » dans la société d’alors, figée dans un catholicisme rigide, dogmatique et rétrograde, au service de l’élite des régnants et des possédants. Bien sûr que cette théorie de l’évolution est dépassée depuis longtemps, mais elle a été innovante en son temps…
    Pour ce qui concerne le créationnisme, assez répandu aux Etats-Unis en particulier, il ne mérite pas, à mon sens que l’on s’y attarde : c’est un mouvement fondamentaliste et prosélyte d’une étroitesse « intellectuelle » abyssale…
    Je te rejoins lorsque tu rappelles que l’homme à la recherche de « solutions » se tourne vers l’extérieur et rarement à l’intérieur de lui-même, oubliant ou ignorant qu’il est lui-même une étincelle d’essence divine, une partie du grand Tout…
    S’aimer et s’écouter soi-même, « se connecter au divin par la voie du coeur », bref,aller à la « rencontre de soi » est un long, très long chemin que peu d’entre nous empruntons, par ignorance et/ou par peur…
    Et pourtant, emprunter et parcourir ce chemin est la clé de notre liberté, la vraie, pas la fictive, la condition de notre changement et, par ricochet, du changement des autres… A chacun de faire le premier pas, car comme le disait Lao-Tseu : « Un chemin de mille lieues commence par un pas ».

    • Bonjour cathare11, il est sûr que si j’ai déjà vécu au temps des cathares (ou même bien plus tard), j’ai assurément dû périr quelques fois dans les flammes de l’inquisition…

      Merci pour ta réflexion que je partage pleinement. J’en compléterais juste le début en précisant qu’en matière de domination religieuse, il n’y a pas seulement l’offre, mais il y a également la demande. En effet, bon nombre d’adeptes d’organisations religieuses y trouvaient (et y trouvent encore) leur compte en confiant leurs propres responsabilités au pouvoir dirigeant. Il est pour beaucoup plus simple d’obéir aveuglément en suivant le troupeau, que de se remettre en question et d’avancer en être responsable de ses paroles et de ses actes. Rechercher Dieu à l’extérieur en adoptant un protocole peut en effet s’avérer plus confortable que de partir à la rencontre de soi.

      Ainsi l’être humain se fabrique des dieux et le pouvoir se les approprie.

  2. devilbass dit :

    Wow! C’est très profond et réfléchi vos écrits, encore une fois cela vient me rejoindre énormément! Si seulement je savais m’exprimait comme vous le faite si bien, cela m’éviterait de me réexpliquer plusieurs fois sans qu’on ne me comprenne bien. 😛

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